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Comprendre l’économie et les marchés financiers pour mieux gérer votre épargne.
27.03.25

Les trois actualités de la semaine au 27.03.2025

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UE : relance de l’extraction minière sur le continent 

Pour réduire sa dépendance aux importations chinoises de métaux stratégiques, indispensables aux batteries, aux panneaux solaires et même aux systèmes de défense, l’Union européenne (UE) a validé 47 projets miniers et industriels dans 13 États membres. Les sites d’extraction de lithium seront en France, tandis que ceux de graphite, cuivre et gallium trouveront pour hôtes la Suède, la Roumanie et la Grèce. Bruxelles ne veut plus se retrouver pieds et poings liés face aux fluctuations géopolitiques : après les masques en 2020 dans le contexte Covid et le gaz russe en 2022, elle prend les devants pour éviter que le lithium ne devienne son prochain talon d’Achille. 

La loi européenne sur les matières premières critiques, adoptée en 2024, fixe des objectifs ambitieux : d’ici 2030, l’Europe devra extraire 10 % de ses besoins, transformer 40 % et recycler 25 % des matériaux stratégiques. En parallèle, aucun pays tiers ne devra couvrir plus de 65 % des importations européennes d’un même matériau, un cap difficile à tenir tant la Chine domine l’industrie du raffinage et que d’autres fournisseurs, comme la République démocratique du Congo pour le cobalt ou la Guinée pour l’alumine, restent incontournables. L’UE mise donc sur une accélération des procédures : le délai d’autorisation des mines passera de 10 ans à 27 mois, celui des raffineries à 15 mois. Le prix ? Un risque de court-circuitage de certaines normes environnementales. 

Il ne reste plus qu’à convaincre les citoyens de l’Union que l’Europe minière est une solution, et non un retour en arrière. L’ouverture de sites en zones protégées, comme une mine de cobalt et de nickel en Finlande, suscite déjà des tensions. Pour éviter un rejet massif, l’UE prévoit un soutien financier important, impliquant la Banque européenne d’investissement et des fonds publics nationaux, ainsi que des partenariats avec des pays tiers comme l’Ukraine pour l’approvisionnement en graphite, et la mutualisation des achats pour peser davantage sur le marché mondial.

   

France : niveau de déficit public meilleur qu’anticipé 

Un petit rayon de soleil dans un ciel chargé de nuages : le déficit public de la France s’établit à 5,8 % du PIB en 2024, légèrement mieux que les 6 % redoutés par le gouvernement. Mais difficile de s’en réjouir pleinement, tant le chemin reste long avant de retrouver l’équilibre. Avec une dette qui franchit le cap des 3 300 milliards d’euros et culmine à 113 % du PIB, l’Hexagone joue toujours en tête du classement des mauvais élèves budgétaires de la zone euro. 

Les finances publiques continuent de tanguer sous l’effet d’une hausse des dépenses (+3,9 %) plus rapide que celle des recettes (+3,1 %), causant la hausse du déficit en 2024, qui a fini par s’établir à 57,1 % du PIB, contre 56,9 % en 2023. L’objectif de ramener le déficit à 5,4 % en 2025 puis sous la barre des 3 % en 2029 paraît ambitieux, surtout dans un contexte politique morcelé et dans un contexte international sujet à l'augmentation des droits de douanes. Pour éviter tout nouveau dérapage, le gouvernement mettra en place dès avril un comité d’alerte budgétaire, réunissant parlementaires et collectivités locales. 

La France fait toujours figure d’exception en Europe : seule la Grèce et l’Italie affichent une dette plus lourde que les 202,7 milliards d’euros français, mais aucun autre pays de l’union monétaire ne présente un déficit aussi élevé.

 

États-Unis : nouveau record pour le cours du cuivre 

Le cuivre n’échappe pas à la flambée des droits de douane enclenchée par Donald Trump. Sur le marché de New York, son cours s’est enflammé, atteignant un record de 5,22 dollars la livre, soit plus de 11.500 dollars la tonne. Un envol spectaculaire, nourri par les craintes de taxes sur les importations américaines, qui creuse un écart de prix inédit avec Londres, où la hausse reste plus modérée. 

À l’origine du brasier : l’administration américaine, qui pourrait imposer une taxe de 25 % sur les importations de cuivre. Une rumeur qui affole les négociants, poussés à sécuriser leurs expéditions avant l’entrée en vigueur des barrières douanières. Résultat : le cuivre afflue vers les États-Unis, raréfiant l’offre ailleurs et amplifiant la flambée des prix. Chez les géants du commerce, on ose désormais parier sur une tonne à 12.000, voire 13.000 dollars. 

Mais attention aux retournements de marché : si Washington fait machine arrière ou applique des taxes plus faibles que prévu, l’emballement pourrait retomber. En attendant, le cuivre, surnommé le « pétrole du XXIe siècle » pour son rôle clé dans la transition énergétique et l’intelligence artificielle, voit sa demande s’envoler alors que l’offre, elle, peine à suivre. De quoi nourrir encore longtemps les spéculations… et les records.

Les analyses et les opinions mentionnées dans le présent document représentent le point de vue de (des) l’auteur (s) référencé(s). Elles sont émises à la date indiquée, sont susceptibles de changer et ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle. 

Sources :