Marc Romano, Responsable des Fonds d'Investissement à Impact, Mirova
Ne pas exclure le non côté
Le non coté demeure encore trop marginal dans les portefeuilles des particuliers. Il n’y a pourtant aucune raison que ces derniers laissent aux grands acteurs institutionnels le monopole de l’investissement en private equity. Les épargnants ont intérêt à les suivre car exclure le non coté pourrait revenir à se priver du potentiel de croissance de la grande majorité des entreprises existantes, puisque seules quelques sociétés optent pour le chemin de la Bourse. Beaucoup de particuliers apprécieront ensuite de placer leur épargne directement au service des entreprises de leur région, celles qui créent localement de l’emploi et enrichissent un territoire. D’autant que le private equity permet de sélectionner des sociétés aux pratiques ESG (environnementales, sociales et de gouvernance) exemplaires, notamment sur les questions de transition climatique.
Savoir se donner du temps
Investir hors des sentiers battus de la Bourse requiert toutefois de s’astreindre à suivre plusieurs règles. Les épargnants doivent d’abord savoir se donner du temps. La valeur d’un investissement non coté ne pourra en effet être générée que sur le long terme. D’autant que bien souvent la sortie d’une participation d’un fonds de private equity passe par une cession à un acteur industriel. Une opération au calendrier par définition aléatoire. Ensuite, le non coté comporte des risques, toute entreprise pouvant connaître des accidents de parcours. Les épargnants doivent donc opter pour des stratégies de diversification. Le non coté ne peut constituer qu’une poche d’actifs parmi d’autres placements plus sécurisés. Au sein de cette poche de private equity, il faudra également veiller à ne pas trop concentrer ses portefeuilles pour assurer une performance minimale en cas de vents contraires sur une société.
Une fois ces deux contraintes admises, l’exposition au non-côté permettra aux investisseurs de se constituer un fond de portefeuille peu sensible aux fluctuations de marché. Les investisseurs ciblent en effet en général des sociétés portées par des tendances de long terme, - l’évolution des préférences des consommateurs ou la réglementation-, qui dépassent donc les mouvements volatils du marché et transcendent les cycles économiques. Les valorisations pourraient apparaitre également prometteuses : un fonds de private equity qui a bien équilibré son exposition au risque et sélectionné avec soin ses investissements peut afficher des performances parfois impressionnantes, jusqu’à un triplement de la valeur du portefeuille en cinq ans dans certains cas.
Miser sur l'innovation et le concret
En 2025, face aux nombreux aléas qui pèsent sur la conjoncture, les épargnants auraient intérêt à privilégier des fonds sélectionnant des entreprises qui misent sur l’innovation, viennent apporter des solutions concrètes à des besoins avérés. La société aixoise Ombrea illustre bien cette exigence. Cette entreprise, qui développe des ombrières photovoltaïques pour l’agricultures, afin de lutter contre les effets du réchauffement climatique, a été détenue deux ans par Mirova puis revendue à un industriel.
Les analyses et les opinions mentionnées représentent le point de vue de l’auteur. Elles ont été émises en décembre 2024 et sont susceptibles d’évoluer. Elles ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle. Les références à des valeurs mobilières, des secteurs ou des marchés spécifiques dans le présent document ne constituent en aucun cas un conseil en investissement, une recommandation ou une sollicitation d’achat ou de vente de valeurs mobilières, ou une offre de services. Tout investissement comporte des risques, y compris le risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.