Léa Dunand-Chatellet, Directrice de l’Investissement Responsable – DNCA Finance
Aux Etats-Unis, une année 2025 qui s'annonce tumultueuse
Pour les fonds dédiés aux thématiques ESG (environnementales, sociales et de gouvernance), l’année 2025 s’annonce sous des auspices tumultueux avec le retour de Donald Trump au pouvoir à Washington. Les déclarations sceptiques du vainqueur de l’élection envers les principes de la finance durable, et leur confirmation par une première salve de nominations, avaient déjà provoqué en 2024 un retournement assez spectaculaire des valorisations, après un relativement bon premier semestre. Ces vents contrariants n’empêcheront toutefois pas les investisseurs de dénicher encore de belles opportunités sur ces thématiques. Le nouveau président ne pourra pas en effet revenir sur l’ensemble des engagements du mandat précédent. L’Inflation Reduction Act (IRA), dispositif qui prévoit des aides massives pour favoriser les transitions climatiques des entreprises, ne devrait notamment pas être démantelé (Challenges, novembre 2024). Les financements sont amorcés et portent de solides perspectives de croissance pour de nombreuses entreprises. A ce titre, les représentants du congrès ont indiqué qu’ils se battraient pour maintenir des pans entiers du plan.
Les déclarations de Donald Trump ne resteront pas, bien sûr, toutefois entièrement lettres mortes. Les véhicules électriques, semblent ainsi dans le viseur. « Pour la classe moyenne, c'est une transition vers l'enfer », avait-il déclaré à ce sujet promettant d’abroger l’aide de 7500 dollars par achat de voiture électrique mise en place par Joe Biden (La Tribune, novembre 2024). Reste à voir si le rapprochement du président élu avec Elon Musk, le fondateur de Tesla, influencera cette vision. La prochaine administration paraît encore déterminer à mener la guerre à l’éolien. A contrario, la guerre commerciale que le président souhaite lancer fera aussi des gagnants parmi les acteurs américains des énergies renouvelables. Les fabricants de panneaux solaires devraient ainsi sortir de la séance renforcés.
Les fonds ISR : une alternative intéressante pour les épargnants
Au-delà des États-Unis, le reste du monde présente un visage contrasté. L’Europe affiche une croissance en berne, avec une rare instabilité politique en France comme en Allemagne. Du côté chinois, le brouillard domine aussi avec un plan de relance qui donne pour l’instant peu de fruits. Dans ce contexte globalement risqué avec des marchés très bien valorisés, les fonds ISR représentent une alternative intéressante pour les épargnants : ils offrent une bonne résilience en cas de vents contraires et conservent du potentiel de croissance. Pour en profiter, il ne faudrait pas restreindre les portefeuilles à la thématique de la transition énergétique mais s’exposer aux secteurs de l’éducation, de la cybersécurité, de la rénovation de la santé, ou encore des technos. L’intelligence artificielle, essentielle notamment dans les solutions d’efficacité énergétique, est en effet à considérer. Ce secteur doit certes encore répondre au défi de sa propre consommation énergétique, mais des solutions sont en train d’émerger. Après trois années difficiles, la gestion responsable, du moins ses fonds qui auront su diversifier leur exposition, pourrait ainsi retrouver des couleurs en 2025.
Les analyses et les opinions mentionnées représentent le point de vue de l’auteur. Elles ont été émises en décembre 2024 et sont susceptibles d’évoluer. Elles ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle. Les références à des valeurs mobilières, des secteurs ou des marchés spécifiques dans le présent document ne constituent en aucun cas un conseil en investissement, une recommandation ou une sollicitation d’achat ou de vente de valeurs mobilières, ou une offre de services. Tout investissement comporte des risques, y compris le risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.